 | "Intégration de l’élevage dans les systèmes agricoles : une garantie pour un développement durable"
Le jeudi 13 novembre 2008, be-troplive a organisé pour la deuxième fois son symposium. Cette réunion a été accueillie par la Faculté Universitaire des Sciences Agronomiques de Gembloux et a eu lieu dans le cadre prestigieux de l’Espace Senghor.
L'objectif de ce symposium était de souligner qu'intégrer l’élevage dans les systèmes agricoles représente une garantie pour le développement durable. Le programme complet de la rencontre se trouve en annexe.
Le modérateur du symposium était Dirk Barrez, écrivain et journaliste à la VRT, fort concerné par la mondialisation et ses effets sur l’approvisionnement alimentaire et la pauvreté dans le monde. Dans ses écrits, il met souvent l’accent sur les effets contraires de l'agriculture industrielle et de l'agriculture familiale à petite échelle. Il est également connu pour être un auteur critique, par exemple à travers son livre `la vache 80 a un problème'.
125 experts de 22 nationalités différentes ont assisté au symposium. En dehors d'un important groupe d'experts actifs sur le terrain ou dans des institutions internationales, il y avait également des représentants de la Commission européenne, de la Coopération au Développement belge et de ministères d’Afrique, d’Asie et d’Amérique du Sud. Les participants étaient issus d’ONG, de bureaux d'étude, d’universités, de centres de recherches et d’autres groupes concernés.
Le recteur de la faculté Universitaire, le Professeur Dr Ir André Théwis, a souhaité la bienvenue aux participants et a souligné que la préoccupation de la faculté de rester en contact avec les pays en voie de développement était bien illustrée par le nom de `Léopold Senghor' donné à l’auditoire dans lequel le symposium avait lieu. C’est un excellent cadre pour rassembler l'agriculture, la santé et la production animales tropicales et la coopération en matière de développement, a-t-il ajouté.
Eric Thys (secrétaire) a ensuite introduit le symposium au nom du président de be-troplive, le Prof. Dr. Ir. André Buldgen, et au nom des membres du comité de pilotage.
Les grands défis pour l’élevage et l’agriculture dans le cadre du développement agricole durable ont été esquissés par Sofie Van Waeyenberge (CTB). Ensuite, les différents aspects de l'agriculture mixte, aussi bien dans le nord que dans le sud, ont été éclairés par Didier Stilmant (CRA Gembloux) et Guy Mergeai (FUSAGx). Dans ce cadre, l'attention a également été portée sur les aspects sociologiques, de santé publique et sur les aspects techniques. Ceci fut illustré à l’aide d’exemples concrets d’exploitations intégrées et de projets d’ONG au Viêt-nam (par Ngo Tien Dung, Projet laitier de CTB - MARD), au Rwanda (par Caroline Renaers au nom de Jean-Bosco Hagumagatsi, SDA-IRIBA) et en Equateur (par Hubert Geoffray, PROCANOR). Carlos Lietar de la Direction Générale de la Coopération au Développement (DGCD) a présenté ensuite une communication sur la place de la production animale dans le cadre de la coopération au développement officielle belge. Toutes ces présentations sont disponibles sur ce site.
Au cours du symposium, une session de posters a été organisée. Les posters ont été évalués par un jury, présidé par Patrick Simons, DGCD, et constitué du Prof. Dr Jean-Paul Dehoux (UCL), du Dr Lafia Kora Brice et du Dr Nguyen Kien Cuong, ces deux derniers étant actuellement étudiants des cours de postgraduat belges en santé et production animales tropicales. Le jury a proclamé VSF-B comme gagnant, pour la série constituée de 7 posters sur la production laitière au Niger qui cadre dans le programme d'enseignement que cette ONG a développé dans ce pays (les posters sont également disponibles sur le site).
Le symposium a réuni de manière constructive les chercheurs et les développeurs, aussi bien du nord que du sud. Les principales conclusions de la journée ont été formulées comme suit par le modérateur. Il a affirmé que nous nous trouvions devant de grands défis dans un monde où un milliard d'agriculteurs et d’agricultrices se retrouvent pratiquement sans moyens de production. Et il y a également l’immense défi écologique. Il est alors bon de savoir qu'une agriculture mixte peut être beaucoup mieux en mesure de nourrir le monde, et d’améliorer l'autosuffisance alimentaire de la population rurale. Une agriculture de ce type peut également mieux prester dans le domaine de la durabilité écologique et peut aussi être socialement plus durable car elle répartit mieux les rendements durant l’année et aide à partager les revenus entre tous ceux qui sont actifs dans l'agriculture, dans la filière d’approvisionnement et dans la transformation. En d'autres termes, beaucoup plus de personnes pourront mieux en vivre. Nous savons tous que tout ceci n’est pas seulement une affaire technique: de bonnes autorités dirigeantes et une bonne gouvernance sont essentielles. Il est aussi nécessaire d’obtenir que l'agriculture soit dissociée des négociations de l'OMC : les pays et les régions doivent pouvoir mener une politique dans l'intérêt de leurs agriculteurs et de leurs communautés, afin de fournir des prix permettant aux agriculteurs de vivre. Enfin, il y a la responsabilité de la recherche. Les scientifiques doivent aider à trouver quelle agriculture est véritablement durable pour les différents pays et régions. Plus encore, ils doivent nous indiquer quelle est la meilleure voie et la plus rapide possible pour faciliter la transition vers cette agriculture durable.
Pour clôturer, Eric Thys (secrétaire) a donné des nouvelles de be-troplive. La plate-forme qui existe déjà depuis trois ans, compte actuellement 180 membres (99 en 2007). be-troplive peut encore compter pendant 6 ans sur le soutien de la DGCD. Le lien avec les diplômés des cours de postgraduat belges en santé et production animales tropicales a été consolidé l’année dernière ce qui est essentiel pour une meilleure interaction et pour le développement de l'élevage sous les tropiques. Eric Thys a également remercié la faculté universitaire pour la mise à disposition de l'Espace Senghor, ainsi que les orateurs pour leurs excellentes interventions et les différentes personnes et institutions qui ont contribué au succès de l'événement. Le symposium a été clôturé par une réception.
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